12 avril 2011

Le retour de la Françafrique

Ils ont eu sa tête. 
Laurent Gbagbo a été livré, hier, au domicile même du nouveau président Ouattara.
L'armée française a t'elle participé directement à son arrestation ou non, peut importe, le but est atteint. 

Quand Felix Houphouët Boigny, illustre françafricain et président de la côte d'ivoire pendant plus de 30ans meurt, la France perd un collaborateur important et n'arrive pas à imposer son dauphin. Après 7ans de turbulence, quand en 2000, laurent Gbagbo arrive au pouvoir, la France le regarde d'un mauvais oeil, la Côte d'Ivoire, véritable village gaulois d'Afrique ne le sera plus. 

 

Mais lors des élections de 2010, la démocratie a parlé, Laurent Gbagbo devait partir, Allassane Ouattara était l'élu du peuple. 

Quelle aubaine, Ouattara, adoubé par la France succéderait à Gbagbo, et sous couvert de démocratie, par le vote. 
Sauf que le vote est traître, le président sortant et ses partisans, accompagnés de nos deux compères Vergès et Dumas le remettent en question, pour eux, les résultats sont truqués.
Qu'ils le soient ou non n'est pas vraiment la question, c'est un coup dur pour la France et l'histoire commence à devenir intéressante.
Comment faire définitivement sortir Gbagbo et légitimer la présidence de Ouattara? 
Les médias, l'opinion publique, la voix de la politique et de la démocratie internationale.

Et cela fonctionne, tous montent créneau même la voix du monde, le nobel de la paix Barack Obama...
Comment Gbagbo pourrait-il rester au pouvoir quand le monde lui demande de partir au nom de la démocratie?

Et pourtant il reste, il persiste donc il a perdu. Il est coupable de ne pas se plier aux règles.

Il contresignera sa défaite en faisant utilisation de la force pour rester sur son trône, s'il utilise la force il faut le renverser, plus de pitié. La France s'engage officiellement, sous couverture de l'ONU. Ses jours au pouvoir qu'il ne doit plus avoir sont comptés. 

Aujourd'hui, c'est chose faite, Allassane Ouattara est enfin président et le monde occidental (surtout la France) respire, la démocratie a encore vaincu. 
La bonne vieille France de Foccart est de retour (et je ne m'en plaindrais pas), elle a réussi son coup, légitimer son dauphin comme si de rien n'était, les affaires vont pouvoir reprendre. 

Mais un chef ivoirien n'en cacherait il pas un autre? 
Les informations passent, les partisans de Ouattara seraient-ils aussi à l'origine de massacre dans le pays?
Non, ce n'est pas possible, le candidat démocratique, qui prône la paix dans le pays n'est pas un acteur de la guerre, il ne peut pas. Il est manipulé, ces vidéos de charniers, d'homme mutilés, brûlés torturés sont des images sans rapports utilisées par les pro Gbabo dans un but de désinformation, une tentative de la dernière chance de manipulation de l'opinion. Comment savoir?

Ultime preuve de la bonne volonté démocratique du nouveau président Ouattara? 
Laurent Gbagbo ne sera pas maltraité (sa famille et ses proches, eux, en revanche...).
Il sera juste humilié, filmé en débardeur dans une chambre d'hôtel, amaigrie,  fatigué, mais il l'avait cherché. 
Mais surtout, Laurent Gbagbo sera jugé. Il sera jugé. Un tribunal. Un procès de fantoche mais un procès tout de même.
Si ça n'est pas une preuve de démocratie... 

Je dois avouer être assez impatient de voir le déroulement de ce procès. 

Posté par pmj_blog à 10:30 - Permalien [#]